Production d’un Compacteur

Exercice : Rendement d'un Compacteur

Titre Outil

À DÉCOUVRIR SUR LE SITE
Compactage Pied de Mouton

Techniques pour sols argileux et cohésifs.

Teneur en Eau Optimale (WOPN)

Comprendre l'essai Proctor Normal.

Diagnostic Couche de Forme

Contrôle de portance et conformité.

Pose Géotextile Anti-contaminant

Séparation et filtration des couches.

Vérification du Compactage

Méthodes de contrôle in-situ.

Régalage et Stabilisation

Techniques de mise en œuvre des sols.

Production d'un Compacteur

Contexte : Chantier Routier.

Dans le cadre de la construction d'une route, vous devez dimensionner l'atelier de compactage. Le compactage vise à augmenter la DensitéMasse par unité de volume. du sol pour assurer sa stabilité. Vous allez calculer la production d'un compacteur monocylindre vibrant.

Remarque Pédagogique : Cet exercice illustre l'impact des paramètres machines sur la productivité et la qualité.


Objectifs Pédagogiques

  • Calculer le rendement théorique.
  • Intégrer l'efficience pour le rendement réel.
  • Déterminer le rendement volumique.
  • Estimer la durée d'intervention.

Données de l'étude

On utilise un compacteur vibrant V4 pour une couche de forme.

Fiche Technique
CaractéristiqueValeur
Largeur de bille (L)2.10 m
Recouvrement (r)0.10 m
Passes (n)6
Épaisseur (e)0.30 m
Schéma de l'Opération
Sol Compacté Vitesse V
ParamètreSymboleValeurUnité
Vitesse\(V\)4.0km/h
Efficience\(k\)0.83-
Questions
  1. Calculer le rendement surfacique théorique \(R_{\text{sth}}\).
  2. Calculer le rendement surfacique réel \(R_{\text{s}}\).
  3. Calculer le rendement volumique réel \(R_{\text{v}}\).
  4. Estimer la durée pour 12 000 \(\text{m}^2\).
  5. Analyser l'impact de la vitesse.

Les bases théoriques du compactage

Le compactage est une technique de stabilisation des sols par densification mécanique (réduction des vides d'air). Pour dimensionner correctement un atelier de compactage et synchroniser les engins, il faut maîtriser trois niveaux de calcul de rendement.

1. Le Rendement Surfacique Théorique (\(R_{\text{sth}}\))
Il représente la capacité géométrique maximale de l'engin à traiter une surface en une heure. C'est un ratio entre la vitesse de "balayage" de la surface et l'exigence de répétition (nombre de passes).

Formule fondamentale

\[ R_{\text{sth}} = \frac{V \times (L - r) \times 1000}{n} \]

Détail des variables :

  • \(V\) : Vitesse de déplacement de l'engin en \(\text{km/h}\). Le facteur 1000 convertit ces kilomètres en mètres/heure.
  • \(L\) : Largeur du cylindre (bille) en mètres.
  • \(r\) : Recouvrement latéral de sécurité (souvent 0.10 à 0.20 m) pour éviter les zones non traitées entre deux bandes.
  • \(n\) : Nombre de passes (allers-retours) nécessaires pour atteindre la compacité cible (donné par la planche d'essai ou le GTR).

2. Le Rendement Réel (\(R_{\text{s}}\))
Aucun engin ne travaille 60 minutes par heure de manière productive. Il faut intégrer les temps morts incompressibles (demi-tours en bout de piste, attentes, manœuvres, ravitaillement) via un coefficient d'efficience \(k\).

Application de l'efficience

\[ R_{\text{s}} = R_{\text{sth}} \times k \]

Valeurs usuelles de k :

  • 0.83 : Standard (50 min/h). Bonne organisation.
  • 0.75 : Moyen (45 min/h). Terrain difficile ou chauffeurs peu expérimentés.
  • 0.60 : Faible. Conditions très contraintes (urbain, tranchées).

3. Le Rendement Volumique (\(R_{\text{v}}\))
C'est l'indicateur final indispensable pour le chef de chantier. Il permet de comparer le compacteur aux autres engins de la chaîne (pelles, camions) qui travaillent en volume. Il dépend directement de l'épaisseur de la couche (\(e\)).

Passage de la Surface au Volume

\[ R_{\text{v}} = R_{\text{s}} \times e \]

Attention aux unités : L'épaisseur \(e\) doit être en mètres. Le volume obtenu est en mètres cubes compactés en place (M3CP), à ne pas confondre avec le volume foisonné transporté dans les bennes.

Physique du Compactage : La relation Vitesse/Énergie
L'énergie de compactage transmise au sol est inversement proportionnelle à la vitesse d'avancement. \[ E \propto \frac{1}{V} \] Conséquence : Aller deux fois plus vite divise l'énergie reçue par le sol par deux. Pour compenser, il faudra doubler le nombre de passes, ce qui annule le gain de temps et use prématurément la machine.


Correction : Production d'un Compacteur

Question 1 : Rendement Surfacique Théorique (\(R_{\text{sth}}\))

Principe

Le rendement surfacique théorique représente la capacité de production brute de la machine, basée uniquement sur ses caractéristiques géométriques et sa vitesse de déplacement. C'est une valeur idéale qui suppose que le compacteur avance en ligne droite à vitesse constante, sans jamais s'arrêter, faire demi-tour ou ralentir. Ce calcul est la première étape indispensable pour dimensionner un atelier : il définit le "plafond" de performance que l'on ne pourra jamais dépasser. Pour l'obtenir, nous devons croiser la vitesse de l'engin (la distance qu'il parcourt) avec sa largeur de travail effective (la surface qu'il couvre), tout en tenant compte de la répétition des passages nécessaires pour densifier le sol.

Mini-Cours

La largeur utile (\(L_{\text{u}}\)) est la largeur effective de travail. C'est la largeur de la bille (\(L\)) moins le recouvrement (\(r\)). Sur un chantier, il est impératif que les bandes de compactage se chevauchent légèrement (généralement de 10 à 20 cm) pour éviter de laisser des zones interstitielles non compactées qui seraient des points de faiblesse dans la chaussée. On considère que seule cette largeur utile contribue à l'avancement net du chantier.

Remarque Pédagogique

Le facteur 1000 dans la formule sert à convertir la vitesse donnée en kilomètres par heure (km/h) en mètres par heure (m/h), afin d'être cohérent avec la largeur exprimée en mètres. Sans cette conversion, on multiplierait des kilomètres par des mètres, ce qui donnerait une unité hybride inexploitable.

Normes

La norme NF P 98-736 définit la classification des compacteurs et les méthodes de calcul de rendement associées aux objectifs de compacité (q3, q4, etc.). Elle spécifie également les largeurs de recouvrement minimales selon le type de compacteur.

Formule(s)

Rendement Théorique

\[ R_{\text{sth}} = \frac{V \times (L - r) \times 1000}{n} \]
Hypothèses
  • Le terrain est considéré comme plat et homogène.
  • La vitesse de l'engin est maintenue parfaitement constante par l'opérateur.
  • Les temps de demi-tour en bout de piste sont négligés dans ce calcul purement théorique.
Donnée(s)
ParamètreValeur
Vitesse (\(V\))4 km/h
Largeur de bille (\(L\))2.10 m
Recouvrement (\(r\))0.10 m
Nombre de passes (\(n\))6
Astuces

Calculez toujours la largeur utile (\(L - r\)) séparément au début. Ici : \(2.10 - 0.10 = 2.00 \text{ m}\). C'est souvent un chiffre rond qui simplifie grandement le calcul mental ou la vérification rapide d'un ordre de grandeur.

Schéma (Situation Initiale)
Largeur de travail (Vue de dessus)
Passe Precedente Nouvelle Passe (L=2.10m) r=0.10m Largeur Utile=2.00m
Calculs Détaillés
Étape 1 : Calcul de la Largeur Utile (\(L_{\text{u}}\))

On commence par déterminer la largeur efficace de compactage en soustrayant la zone de chevauchement :

\[ \begin{aligned} L_{\text{u}} &= L - r \\ &= 2.10 \text{ m} - 0.10 \text{ m} \\ &= 2.00 \text{ m} \end{aligned} \]
Étape 2 : Surface couverte par passage (en 1h)

On calcule ensuite quelle surface le compacteur balaie physiquement en une heure. C'est le produit de sa vitesse (convertie en mètres) par sa largeur utile :

\[ \begin{aligned} S_{\text{1h}} &= V \times 1000 \times L_{\text{u}} \\ &= 4 \times 1000 \times 2.00 \\ &= 8000 \text{ m}^2/\text{h} \end{aligned} \]

Si une seule passe suffisait, le rendement serait de 8000 m²/h.

Étape 3 : Application du nombre de passes (\(n\))

Mais pour atteindre la densité cible, il faut passer 6 fois au même endroit. La surface "finie" est donc 6 fois plus petite que la surface balayée :

\[ \begin{aligned} R_{\text{sth}} &= \frac{S_{\text{1h}}}{n} \\ &= \frac{8000}{6} \\ &\approx 1333.33 \text{ m}^2/\text{h} \end{aligned} \]
Schéma (Après)
Surface Produite (Théorique)
1333 m2 Surface validee / heure
Réflexions

Ce chiffre de 1333 m²/h est un maximum absolu. Il ne tient compte d'aucun temps mort : ni les demi-tours en bout de piste, ni les pauses physiologiques du chauffeur, ni les temps de ravitaillement en eau ou carburant, ni les attentes éventuelles des camions.

Points de vigilance

L'erreur la plus fréquente chez les débutants est d'oublier de diviser par le nombre de passes \(n\). Cela revient à confondre la "vitesse de balayage" (surface peinte au sol) avec la "vitesse de production" (surface validée et compactée selon le cahier des charges).

Points à Retenir

La formule fondamentale à mémoriser pour tout engin travaillant en passes successives (compacteur, niveleuse, raboteuse) est : \( R = (V \cdot L) / n \).

Le saviez-vous ?

Les premiers rouleaux compresseurs étaient tirés par des chevaux. Ensuite sont apparus les rouleaux à vapeur (d'où le terme anglais "steamroller"), lourds et lents, avant l'arrivée des moteurs diesel modernes et de la vibration hydraulique.

FAQ
Pourquoi multiplier par 1000 dans la formule ?

La vitesse est donnée en kilomètres par heure (km/h) alors que la largeur est en mètres (m). Pour obtenir un résultat homogène en \(\text{m}^2/\text{h}\), il est indispensable de convertir les kilomètres en mètres (1 km = 1000 m).

Rendement Théorique : 1333 \(\text{m}^2/\text{h}\)

A vous de jouer
Si la vitesse passe à 3 km/h (plus lent), quel est le nouveau rendement théorique (environ) ?

📝 Mémo
Vitesse x Largeur Utile / Nombre de Passes = Rendement de base.


Question 2 : Rendement Surfacique Réel (\(R_{\text{s}}\))

Principe

Le rendement théorique calculé précédemment est un idéal inatteignable. Pour obtenir une valeur exploitable pour le planning de chantier, on applique un coefficient d'efficience qui intègre statistiquement tous les temps improductifs inévitables sur un chantier réel.

Mini-Cours

Le coefficient d'efficience (\(k\)) représente le ratio entre le temps de travail effectif (productif) et le temps de présence payé. Une valeur standard de 0.83 correspond à 50 minutes de production réelle pour 60 minutes de temps horloge (\(50/60 \approx 0.833\)). Les 10 minutes restantes sont perdues en manœuvres, attentes, pauses, etc.

Remarque Pédagogique

Ce coefficient n'est pas une constante universelle : il dépend de la météo (pluie), de la topographie (terrain en pente ou plat), de l'organisation du chantier (attente des camions de livraison) et de l'expérience du conducteur.

Normes

Le GTR 92 (Guide Technique des Remblais et des couches de forme) ainsi que les règles de l'art du terrassement recommandent systématiquement l'application de coefficients de sécurité sur les rendements théoriques pour éviter les retards de planning.

Formule(s)

Rendement Réel

\[ R_{\text{s}} = R_{\text{sth}} \times k \]
Hypothèses
  • Organisation de chantier standard (pas d'interruptions majeures imprévues).
  • Maintenance courante (graissage, plein) effectuée hors horaires de production.
Donnée(s)
ParamètreValeur
Rendement Théorique (\(R_{\text{sth}}\))1333.33 \(\text{m}^2/\text{h}\)
Coefficient d'efficience (\(k\))0.83
Astuces

Multiplier par 0.83 revient à soustraire environ 17% de la valeur initiale. C'est une marge de sécurité indispensable pour tout chef de chantier prudent.

Schéma (Situation Initiale)
Une heure de chantier (60 min)
Temps Total Disponible
Calculs Détaillés

On applique simplement le coefficient de réduction au résultat théorique précédent pour obtenir la valeur réelle attendue :

\[ \begin{aligned} R_{\text{s}} &= R_{\text{sth}} \times k \\ &= 1333.33 \text{ m}^2/\text{h} \times 0.83 \\ &\approx 1106.66 \text{ m}^2/\text{h} \end{aligned} \]

Cela signifie qu'en conditions réelles, on "perd" virtuellement environ 227 \(\text{m}^2\) de production par heure à cause des divers arrêts nécessaires.

Schéma (Après)
Temps Réel Productif (50 min)
Production (83%) Pause (17%) Perte de temps
Réflexions

La différence entre 1333 et 1106 \(\text{m}^2/\text{h}\) est de plus de 200 \(\text{m}^2/\text{h}\). Sur une journée de 8h, cela représente 1600 \(\text{m}^2\) de différence ! Ignorer ce coefficient conduit inévitablement à des retards de planning et des dépassements de budget.

Points de vigilance

Ne jamais utiliser le rendement théorique pour dimensionner une flotte d'engins. Vous risqueriez de sous-estimer le nombre de machines nécessaires pour tenir la cadence des camions.

Points à Retenir

Le rendement réel est toujours inférieur au rendement théorique. \( R_{\text{reel}} < R_{\text{theorique}} \). C'est la loi de la réalité du terrain.

Le saviez-vous ?

Sur des terrains très difficiles, exigus (tranchées) ou avec des équipes peu expérimentées, le coefficient d'efficience peut descendre jusqu'à 0.60 (soit seulement 36 minutes de travail effectif par heure).

FAQ
Peut-on avoir k=1 ?

C'est physiquement impossible sur la durée. Même les systèmes robotisés ont besoin de temps de maintenance, de ravitaillement ou de repositionnement. Pour un humain, k=1 est inatteignable (fatigue, concentration).

Rendement Réel : ~1107 \(\text{m}^2/\text{h}\)

A vous de jouer
Si le chantier est très bien organisé et que l'efficience monte à 0.90 (54 min/h), quel serait le nouveau rendement réel ?

📝 Mémo
Réel = Théorique x Efficience.


Question 3 : Rendement Volumique Réel (\(R_{\text{v}}\))

Principe

Jusqu'ici, nous avons calculé une surface (\(\text{m}^2\)). Or, le terrassement se quantifie et se paye en volume (\(\text{m}^3\)). Il faut donc convertir notre rendement surfacique en rendement volumique en intégrant la troisième dimension : l'épaisseur de la couche compactée.

Mini-Cours

Le rendement volumique est l'unité reine du terrassement. Il permet de comparer directement la production du compacteur avec celle des engins d'extraction (pelles hydrauliques) et de transport (camions bennes) qui s'expriment toujours en \(\text{m}^3/\text{h}\).

Remarque Pédagogique

Soyez très vigilant sur les unités : l'épaisseur est souvent donnée en centimètres (cm) dans les sujets ou sur le terrain (ex: "couche de 30"), mais elle doit être convertie en mètres (m) pour le calcul afin d'obtenir des \(\text{m}^3\).

Normes

Le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) du marché définit l'épaisseur maximale des couches (souvent 30cm pour du remblai standard, parfois 50cm pour de gros remblais) pour garantir un compactage à cœur efficace.

Formule(s)

Rendement Volumique

\[ R_{\text{v}} = R_{\text{s}} \times e \]
Hypothèses
  • Épaisseur de couche constante sur toute la zone traitée.
  • On calcule ici des \(\text{m}^3\) compactés en place (M3CP) et non des \(\text{m}^3\) foisonnés dans la benne.
Donnée(s)
ParamètreValeur
Rendement Réel (\(R_{\text{s}}\))1106.66 \(\text{m}^2/\text{h}\)
Épaisseur de couche (\(e\))0.30 m
Astuces

Pensez géométrie simple : Surface x Hauteur = Volume. Et souvenez-vous toujours que 30 cm = 0.30 m.

Schéma (Situation Initiale)
Surface 2D (Vue Plan)
Surface (m2)
Calculs Détaillés

On multiplie la surface réelle \(R_{\text{s}}\) par l'épaisseur \(e\) pour obtenir le volume traité par heure :

\[ \begin{aligned} R_{\text{v}} &= R_{\text{s}} \times e \\ &= 1106.66 \text{ m}^2/\text{h} \times 0.30 \text{ m} \\ &\approx 331.99 \text{ m}^3/\text{h} \end{aligned} \]

On arrondit généralement à l'entier le plus proche pour faciliter la communication sur le chantier : 332 \(\text{m}^3/\text{h}\).

Schéma (Après)
Volume 3D (Bloc de Terre)
e=0.30m VOLUME
Réflexions

C'est la donnée critique pour le dimensionnement de l'atelier. Si la cadence d'apport des terres par les camions est de 400 \(\text{m}^3/\text{h}\), alors un seul compacteur (capacité de 332 \(\text{m}^3/\text{h}\)) est insuffisant. Il deviendra le goulot d'étranglement du chantier, forçant les camions à attendre.

Points de vigilance

Attention à la confusion entre \(\text{m}^3\) foisonné (volume apparent dans le camion, aéré) et \(\text{m}^3\) compacté (volume final en place, dense). Le rapport entre les deux est le coefficient de foisonnement résiduel.

Points à Retenir

Volume = Surface x Épaisseur. C'est la clé pour passer du compactage au terrassement général.

Le saviez-vous ?

Un tombereau articulé standard (type Volvo A30 ou A40) transporte environ 15 à 20 \(\text{m}^3\) de terre foisonnée par rotation. Il est donc facile de calculer combien de rotations par heure notre compacteur peut absorber.

FAQ
Et si l'épaisseur change en cours de route ?

Si l'épaisseur de la couche varie, il faut refaire le calcul pour chaque zone ou prendre une épaisseur moyenne pondérée, mais cela reste une approximation risquée.

Rendement Volumique : 332 \(\text{m}^3/\text{h}\)

A vous de jouer
Si on travaille sur une couche plus épaisse de 0.50 m (gros remblai), quel est le rendement volumique ?

📝 Mémo
Passez de \(\text{m}^2\) à \(\text{m}^3\) en multipliant simplement par l'épaisseur.


Question 4 : Durée de compactage

Principe

Une fois le rendement horaire connu, on peut déterminer combien de temps prendra une tâche spécifique. C'est un calcul classique de temps : \( \text{Temps} = \frac{\text{Distance}}{\text{Vitesse}} \), adapté ici à la production : \( \text{Temps} = \frac{\text{Quantité}}{\text{Flux}} \).

Mini-Cours

C'est la formule de base de la planification de chantier (Gantt, Chemin de Fer). Elle permet de dimensionner les équipes et de prévoir la fin des travaux avec précision.

\(\text{Temps} = \frac{\text{Quantité Totale}}{\text{Flux de production horaire}}\)

Remarque Pédagogique

Il est impératif d'utiliser le rendement réel \(R_{\text{s}}\) (celui qui intègre les pauses et arrêts) pour obtenir une durée réaliste. Utiliser le rendement théorique fausserait gravement le planning et mènerait à des retards.

Normes

Les délais d'exécution font partie des obligations contractuelles du marché de travaux. Tout retard peut entraîner des pénalités financières.

Formule(s)

Calcul de Durée

\[ T = \frac{S_{\text{totale}}}{R_{\text{s}}} \]
Hypothèses
  • La surface totale de 12 000 \(\text{m}^2\) est disponible et prête à être compactée.
  • Aucune panne majeure ou intempérie ne vient interrompre le travail sur cette période.
Donnée(s)
ParamètreValeurUnité
Surface Totale (\(S\))12 000\(\text{m}^2\)
Rendement Réel (\(R_{\text{s}}\))1106.66\(\text{m}^2/\text{h}\)
Astuces

Pour convertir des heures décimales en minutes, multipliez la partie après la virgule par 60. Exemple : 0.5h = \(0.5 \times 60 = 30\) minutes.

Schéma (Situation Initiale)
Surface à traiter
12 000 m2 En attente...
Calculs Détaillés
Étape 1 : Calcul en heures décimales

On divise la surface totale par le rendement horaire réel :

\[ \begin{aligned} T &= \frac{S_{\text{totale}}}{R_{\text{s}}} \\ &= \frac{12000 \text{ m}^2}{1106.66 \text{ m}^2/\text{h}} \\ &\approx 10.843 \text{ heures} \end{aligned} \]
Étape 2 : Conversion des décimales en minutes

On prend la partie décimale (0.843) que l'on multiplie par 60 minutes :

\[ \begin{aligned} \text{Minutes} &= 0.843 \times 60 \\ &\approx 50.58 \text{ min} \end{aligned} \]

Soit une durée totale de 10 heures et 50 minutes.

Schéma (Après)
Visualisation de la Durée
Jour 1 (8h) ~3h 0h 8h ~11h
Réflexions

Une journée de chantier standard dure souvent 7 à 8 heures. Une durée de 10h50 signifie que le travail ne pourra pas être terminé en une seule journée normale. Il faudra soit prévoir des heures supplémentaires, soit étaler la tâche sur une matinée du jour suivant (J+1).

Points de vigilance

En planification, on arrondit souvent à la demi-journée supérieure pour absorber les aléas. Ici, on compterait probablement 1.5 jours de travail pour être sûr.

Points à Retenir

La formule universelle : Temps = Quantité / Rendement. C'est la base de tout chiffrage.

Le saviez-vous ?

Le compactage s'effectue souvent en léger décalage (tuilage) des apports de terre pour ne pas gêner la circulation des camions sur la zone de travail.

FAQ
Et s'il pleut ?

La pluie est l'ennemi du terrassement. Un sol trop humide ne peut pas être compacté correctement (phénomène de matelassage). Ce calcul de temps suppose des conditions météo favorables. En cas de pluie, le chantier s'arrête.

Durée estimée : 10h 50min

A vous de jouer
Si la surface à traiter était de 22 000 \(\text{m}^2\), combien d'heures cela prendrait-il (arrondi à l'entier) ?

📝 Mémo
Quantité / Vitesse = Temps.


Question 5 : Analyse Vitesse / Qualité

Principe

On analyse ici la relation physique entre la vitesse de l'engin et la qualité du travail. Le compactage est un transfert d'énergie du compacteur vers le sol. Si l'engin passe trop vite, il n'a pas le temps de transmettre cette énergie, et la densification ne se fait pas.

Mini-Cours

L'énergie (\(E\)) reçue par le sol par unité de surface est inversement proportionnelle à la vitesse (\(V\)). La formule simplifiée est : \[ E \propto \frac{P \times A}{V} \] (où \(P\) est le poids/force centrifuge, \(A\) l'amplitude, et \(V\) la vitesse). Plus \(V\) est grand, plus l'énergie reçue (\(E\)) est faible.

Remarque Pédagogique

"Rien ne sert de courir". En compactage, aller vite pour gagner du temps est souvent un mauvais calcul car cela dégrade la qualité et oblige à refaire le travail.

Normes

Les exigences de compacité (ex: 95% ou 98% de l'OPM) imposent qu'une quantité minimale d'énergie soit transmise au sol pour chasser l'air et resserrer les grains.

Formule(s)

Relation Simplifiée

\[ E \approx \frac{K}{V} \]
Hypothèses
  • La fréquence de vibration du compacteur reste constante (Hz).
  • Le sol réagit de manière uniforme.
Donnée(s)
ParamètreEffet
Vitesse (\(V\)) ↑ (augmente)Densité atteinte ↓ (diminue)
Astuces

La vitesse optimale se situe généralement entre 3 et 4 km/h pour concilier rendement et qualité.

Schéma (Situation Initiale)
Impacts lents (Bon Compactage)
Ondes profondes et rapprochees
Calculs Détaillés & Analyse
Analyse de la relation

Si on double la vitesse \(V\), l'énergie transmise au sol est divisée par 2. Pour compenser ce manque d'énergie et obtenir la même densité finale, il faudrait doubler le nombre de passes \(n\).

Or, augmenter le nombre de passes \(n\) réduit le rendement \(R\) (car \(n\) est au dénominateur de la formule de Q1). Donc, l'augmentation de la vitesse est annulée par la nécessité de faire plus de passes.

Schéma (Après)
Impacts rapides (Mauvais Compactage)
Ondes superficielles et espacees
Réflexions

Il est donc contre-productif d'aller trop vite. Non seulement on ne gagne pas de temps (car il faut repasser), mais on use la machine prématurément, on consomme plus de carburant, et on fatigue l'opérateur inutilement.

Points de vigilance

À très haute vitesse, il y a un risque de phénomène de "pianotage" ou de "tôle ondulée" : la bille rebondit sur le sol et crée des ondulations au lieu de compacter uniformément.

Points à Retenir

Qualité > Vitesse. La régularité de la vitesse est plus importante que la vitesse de pointe.

Le saviez-vous ?

Les compacteurs modernes sont équipés de compteurs de vitesse très précis et d'assistants de conduite (voire de GPS) pour aider l'opérateur à rester dans la plage de vitesse optimale définie par la planche d'essai.

FAQ
Quelle est la vitesse max absolue ?

Généralement, on ne dépasse jamais 5 ou 6 km/h en compactage vibrant. Au-delà, l'efficacité chute drastiquement et le risque de dégradation du matériel augmente fortement.

Compromis optimal : Vitesse modérée (3-5 km/h)

A vous de jouer
D'après vous, quelle est la vitesse idéale moyenne recommandée pour un compacteur V4 ? (en km/h)

📝 Mémo
Vitesse stable = Qualité constante.


Bilan de Production

Synthèse des flux de production pour cet atelier de compactage.

Vitesse 4 km/h × Largeur Utile 2.0 m ÷ Passes 6 Rendement ~1100 m2/h

📝 Grand Mémo : Compactage

Voici la synthèse des points clés méthodologiques et physiques abordés dans cet exercice :

  • 🔑
    Formule Clé : \(R = \frac{V \cdot L}{n}\). La vitesse et la largeur augmentent le rendement, le nombre de passes le diminue.
  • 📐
    Recouvrement : N'oubliez jamais de soustraire le recouvrement (env. 10-20 cm) de la largeur de bille.
  • ⚠️
    Efficience : Un engin ne travaille pas 60 min/h. Utilisez toujours un coefficient (0.83 est standard).
  • 💡
    Qualité vs Quantité : Aller trop vite peut réduire la qualité et obliger à refaire des passes, ce qui fait perdre du temps.
"Un bon compactage est la garantie d'une route durable."

🎛️ Simulateur de Rendement

Modifiez la vitesse et le nombre de passes pour voir l'impact sur la productivité horaire.

Paramètres Engin
Rendement Surfacique (m²/h) : -
Rendement Volumique (m³/h) : -

*Calculé avec L=2m, e=0.3m, k=0.83

📝 Quiz final : Validation des Acquis

1. Si j'augmente le nombre de passes, que fait le rendement ?

2. Quelle est l'unité du rendement surfacique ?

📚 Glossaire Technique

Bille
Cylindre métallique lourd situé à l'avant (ou l'arrière) du compacteur, assurant le compactage par poids et vibration.
Passe
Un passage unique du compacteur sur une zone donnée. Plusieurs passes sont nécessaires pour atteindre la compacité requise.
OPM
Optimum Proctor Modifié. Teneur en eau idéale pour atteindre la densité sèche maximale d'un sol.
GNT
Grave Non Traitée. Matériau granulaire utilisé en couche d'assise de chaussée, nécessitant un compactage soigné.
Foisonnement
Augmentation du volume des terres lors de l'extraction. C'est l'inverse du compactage (tassement).
Module de Formation : Terrassement & Compactage
Le Saviez-vous ?

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